vendredi 25 juillet 2008

Communication facilitée et psychophanie

Je crois que cf [communication facilitée] et psychophanie doivent être séparées dans le vocabulaire car je ne veux pas être considérée comme en psychothérapie quand je m’exprime en cf.

Pourquoi les personnes qui parlent normalement ont le droit de pouvoir distinguer les deux alors que nous qui sommes contraints à la CF devons nous pour cela ne pas pouvoir distinguer les deux ? Je ne souhaite pas être distinguée des gens ordinaires quand je parle sous prétexte que je doive être facilitée c’est pour moi injuste. Après que dans certains cas une personne handicapée utilise aussi la psychophanie c’est autre chose.

C’est vraiment important que cf et psychophanie soient deux usages bien distingués. C’est une revendication forte. Sans cela nous sommes vus comme des handicapés et non pas des personnes normales qui utilisent simplement la cf en substitution de la parole classique parce que physiquement nous ne pouvons pas parler ou écrire seuls.

C’est une chose de suivre une psychothérapie, c’est autre chose de s’exprimer dans une conversation ordinaire même si la parole peut être un outil de psy. Les gens ordinaires ont droit à parler en dehors alors pourquoi pas nous ? Ne pas distinguer les deux usages c’est une discrimination de plus qui nous est faite à nous les handicapés.


mercredi 23 juillet 2008

Soeurs de coeur

Isabelle évoque notre relation de sœur (*). A mon tour d’évoquer ce que je pense de notre relation de sœurs.

Déjà je pense que ma sœur est ma sœur moins par le fait que nous ayons le même père et la même mère que par le fait que nous sommes proches dans nos manières de voir la vie. La relation familiale n’est pas la plus importante, l’essentiel est que ce sont nos personnalités qui sont de la même famille. Nos personnalités sont sœurs et le seraient probablement même si nous n’étions pas sœurs au sens premier du terme.

D’avoir vécu notre enfance ensemble est sans doute important mais pas suffisant et d’ailleurs du fait de son handicap Isabelle a du être interne en établissement spécialisé la plupart de notre enfance et nous nous voyions donc sans doute moins que la plupart des sœurs.

Nous n’avons que 18 mois d’écart donc aussi nous avons grandi ensemble dès notre petite enfance et très probablement nous nous sommes influencées l'une l'autre dans la construction de notre personnalité.
C’est Isabelle qui est l’ainée des 2. Il y a eu des tensions dans notre enfance car les rapports se sont progressivement inversés à cause du handicap : j’étais la petite sœur et en même temps peu à peu j’ai pu marcher, parler, écrire, … alors qu’elle ne pouvait pas et donc peu à peu c’est moi qui devient la protectrice de ma grande sœur.

Pas facile surtout pour elle d’accepter que la petite la double dans son évolution après sa maladie qui a généré son handicap alors qu’avant elle était une enfant « normale » avec un rôle normal de grande sœur.

Nous avons eu la rougeole ensemble, elle sa rougeole s’est transformée en encéphalite avec coma de plusieurs semaines, plusieurs mois d’hôpital et diverses conséquences irréversibles qui l’ont rendue handicapée. Elle avait un peu plus de 4,5 ans et moi un peu plus de 3 ans.

Depuis nous avons grandi, enfance, adolescence et depuis pas mal d’années adulte. Bien sûr avoir une sœur handicapée est source de difficulté, d’inquiétude. Mais pas seulement. Adulte plus tôt sans doute qu’une autre, mais aussi c’est une formidable aide pour grandir « mieux ».

(*) voir profil complet
[ A suivre ]
Brigitte, soeur d'Isabelle

lundi 14 juillet 2008

Harmonie avec soi-même ou jeux de chat

Le chat qui joue est le symbole de la joie de vivre, de l’apprentissage permanent même quand l’âge adulte est là.

C’est l’esprit jeune qui vit en nous et c’est être joyeux malgré les difficultés de la vie et c’est aussi toujours apprendre pour progresser.

C’est bien dans sa vie d’avoir l’esprit prêt à de nouvelles choses et surtout prêt à de nouveaux regards sur des choses existantes. C’est du regard et de l’effort d’attention, de la concentration dans l’instant présent loin des préoccupations matérielles du quotidien que nous pouvons tirer parti pour progresser dans notre intérieur et donc ensuite être une force autonome pour faire progresser aussi les autres.

Joie d’être vivant dans son esprit pour être en harmonie avec soi-même. Seule condition l’attention, condition première pour être en harmonie dans le monde de nos échanges avec les autres.

C’est du dedans de nous que nait l’harmonie et quand nous sommes forts de notre harmonie véritable interne nous pouvons la propager pour la faire rayonner aux bénéfices des autres.

C’est de nous-mêmes que partent les échanges avec les autres et le monde en général.

C’est de là que vient le mal être de beaucoup de personnes qui se saoulent de toutes les contraintes qu’elles se donnent pour éviter de réfléchir par elles-mêmes et c’est ainsi qu’elles courent derrière mille préoccupations qui ne sont en fait pas si fondamentales et ceci au détriment de ce qu’elles sont vraiment. Elles s’épuisent et ne rayonnent pas de leur lumière intérieure qui est pourtant la source de la vraie vie.
Isabelle Fillon, 13 juillet 2008

vendredi 11 juillet 2008

Ingrid Bétancourt et handicap même combat

Je suis en belle harmonie au-dedans de moi par delà des difficultés de vie quotidienne, par delà la difficulté qu’il y a à vivre trop scindée en deux entre la vie à l’établissement et la famille. A l'établissement avec des professionnels qui sont là pour travailler et d’autres handicapés qui comme moi sont obligés de vivre dans du collectif pour vivre malgré notre handicap. La famille c’est bien, c’est reposant mais ce n’est pas facile de faire subir notre handicap à toute notre famille. Cela a un cout en temps, en énergie et en argent surtout à plus de quarante ans nous ne sommes pas plus autonomes que les enfants et ce n’est pas agréable à vivre.

Quelle belle vie que celle de ceux qui veulent et se donnent les moyens de vivre une vraie vie malgré le handicap.

Belles images pour une fois cette fois-ci aux actualités de la télévision avec la libération d’Ingrid Betancourt.
Grand moment de voir cette femme libre après tant d’années enchainée et qui délivrée donne immédiatement le ton et sa force intérieure avec des propos forts et une belle allure dans l’attitude physique mais aussi intellectuelle. Quelle belle leçon pour tous les esprits chagrins qui ne donnent rien d’autres à voir que le défaitisme et la méchanceté.

Belle femme politique au sens noble du mot que cette Ingrid Betancourt.

Que cette femme montre sa belle force intérieure me renforce dans l’idée que malgré les difficultés de la vie nous pouvons vivre heureux et même que, grâce aux difficultés de la vie nous développons notre capacité à être heureux, à savoir vivre intensément le bonheur de la vie.

Isabelle Fillon, 5 juillet 2008

dimanche 29 juin 2008

Un autre regard, un autre monde

La vie avec le handicap n’est pas facile.

Bien sûr souvent je parle de ce que le handicap peut apporter de positif et de ce que nous personnes handicapées, pouvons apporter aux autres personnes en tant qu’individu mais aussi être social car trop souvent nous sommes considérés essentiellement comme des êtres à plaindre ou bien sans utilité, un poids pour la société et l’économie.

Aujourd’hui pour une fois je veux parler des difficultés à vivre quand on doit vivre avec le handicap. Au-delà de la difficulté physique de vivre avec un handicap, il y a la difficulté psychologique quand nous sommes conscients de notre situation.

C’est un poids à soulever tous les jours de se lever pour vivre une journée de plus avec notre handicap à porter, de savoir qu’il sera toujours là et que chaque jour de notre vie nous devrons faire avec sans aucun espoir de guérison et même avec une probable augmentation de notre dépendance au fil des années.

C’est difficile de vivre heureux pour tout le monde à cause des contraintes matérielles de la vie quotidienne, à cause des contraintes sociales qui nous incitent à faire ceci ou cela, à cause du regard des autres, à cause de la société de consommation qui cherche à nous faire croire que pour être heureux il faut acheter tel objet ou tel service.

C’est difficile dans ces conditions pour un valide de vivre la vie qui lui convient sans être trop influencé par tout son environnement ou par la vie que l’extérieur voudrait qu’il ait même si elle ne correspond pas à ce qu’il est. Alors c’est difficile de construire une vie vraie qui lui corresponde réellement et non pas celle incitée comme normale par tous les environnements familiaux, sociaux et culturels qui entravent sa liberté d’être mais qui sont basés sur un schéma de vie considéré comme normal ou mieux mais ne sont pas respectueux de son individualité, de sa personnalité profonde.

Pour nous handicapés c’est encore pire. A toutes les difficultés de se construire une vie normale s’ajoutent, se multiplient les contraintes liées à la dépendance et au regard des autres sur la société. Nous sommes rarement reconnus comme être à part entière. Nous avons l’étiquette "handicapé" collée sur notre front et le monde extérieur nous considère d’abord voire exclusivement avec cette étiquette.

Or, si le handicap nous contraint à la dépendance, il ne donne pas ce que nous sommes comme unique qualification : avant d’être handicapé nous sommes des êtres comme les autres, avec nos gouts, notre personnalité, notre chemin de vie personnel et nous sommes le plus souvent contraints à cause du handicap trop proéminent aux yeux des autres à faire taire notre personnalité juste pour pouvoir bénéficier du minimum vital d’aide qui nous est indispensable pour survivre malgré notre handicap.

C’est intolérable et une violence qui nous est faite chaque jour bien plus violente et handicapante que notre handicap par lui-même.

C’est ce changement de regard sur nous que je veux apporter en diffusant mes réalisations picturales et mes textes écrits en « communication facilitée ». C’est notre participation positive au monde que je veux éclairer.

C’est important pour nous qui vivons avec un handicap toute notre vie, c’est aussi important pour ceux qui deviennent handicapés à cause de la vieillesse ou de la maladie. Comment vivre, se lever chaque matin si le regard qui est porté sur nous nous considère comme un fardeau ou un cout économique ? Comment survivre si notre vie n’est que manger, se laver et dormir ? Comment vivre si nous ne sommes rien que dans la survie ?

Toute personne est à considérer comme un être unique, riche de sa richesse intérieure, riche de la personnalité qu’elle se construit chaque jour, riche des échanges avec les autres ne serait-ce que par le regard ou le toucher.

C’est à tous d’ouvrir les yeux sur ce qu’une personne diminuée par le handicap ou la vieillesse est capable d’apporter au monde de positif ; c’est un monde loin des images de télévision, de la vie des people ou des images préfabriquées par le monde social ; c’est une vie authentique, forte et unique qui pour tous est un enrichissement.
Isabelle Fillon, juin 2008

mercredi 25 juin 2008

Salon AUTONOMIC Paris et Isabelle

Isabelle Chemin (la plasticienne professionnelle avec laquelle Isabelle a fait ses expos en 2007) était présente au salon Autonomic de Paris 2008. Elle a présenté des réalisations associant les différents sens que vous pouvez découvrir sur son site. Retrouvez donc ce petit déjeuner olfactif et tactile de Chemindessens et en bas de sa page web vous retrouverez également un tableau d'Isabelle Fillon.

Brigitte

jeudi 22 mai 2008

Le complexe fraternel

Un livre scientifique sur les relations frères et soeurs : Le complexe fraternel, René Kaës, éditeur Dunod, 2008 ( ISBN : 9782100518326).
René Kaes est psychanalyste et professeur émérite de psychologie et psychopathologie cliniques à l'université Lumière Lyon 2.
Résumé et informations sur le site de l'éditeur.
Brigitte

lundi 21 avril 2008

journée communication facilitée (suite) : voix machine voix humaine et questions réponses

Toujours dans le cadre de la journée sur la Communication facilitée du 6 avril 2008 en complément de PRODUCTION DE MA PENSEE : PEINTURE, DESSIN ET COMMUNICATION FACILITEE (diaporama de notre présentation) mise en ligne de 2 bonus supplémentaires :

"Bonus" 2 : Extrait des réponses aux questions posées par les participants après notre présentation.

"Bonus" 3 : Texte sur l'utilisation des voix synthétiques pour lire les textes écrits en Communication Facilitée : opinion. Pendant cette journée il y a eu une discussion sur l'utilisation de machine pour lire un texte écrit en CF plutôt qu'il soit lu par le facilitant (la personne qui soutient la main de la personne handicapée pour lui permettre d'écrire). Isabelle ne souhaite pas utiliser cette technologie, elle explique pourquoi, quels inconvénients et inutilité elle trouve aux systèmes de lecture par voix artificielle.

Ces 2 "bonus" rejoignent ainsi le 1er "bonus" : "Bonus" 1 : Mes créations en peinture et en communication facilitée : Texte complémentaire sur ce sujet écrit quelques semaines auparavant dans le cadre de notre préparation de cette intervention.

Brigitte, soeur d'Isabelle

jeudi 17 avril 2008

Mes créations en peinture et en communication facilitée

En complément du diaporama PRODUCTION DE MA PENSEE : PEINTURE, DESSIN ET COMMUNICATION FACILITEE un autre texte sur le même sujet en "bonus" : "Mes créations en peinture et en communication facilitée"
Dans ce texte Isabelle explique d'une autre manière ce que représente la Communication facilitée pour elle, quelle place elle a dans sa création et elle fait le parallèle avec la création en peinture, elle explique ce qu'elle ressent pour réaliser ses productions quand elle utilise un mode ou un autre mode de création.
Brigitte, soeur d'Isabelle

mardi 15 avril 2008

Communication facilitée et peinture : expression, création, production


c'est l'intervention que nous avons faite dans le cadre de la rencontre ouverte de l'association TMPP, Ta Main Pour Parler, (association française qui développe la Communication facilitée en France) le 6 avril 2008 à Lyon. Cette journée sur la Communication facilitée comptait une trentaine de participants déjà sensibilisés et intéressés par la Communication facilitée.
Nous avons mis en ligne le diaporama que nous avons utilisé ainsi que les textes lus.
Une 1ère partie traite des projets réalisés en 2007 avec une plasticienne professionnelle, comment sont nés ces projets et comment ils ont abouti à des réalisations reconnues. La 2ème partie de l'intervention dans le cadre de cette journée sur la Communication facilitée parle de la création, de l'expression via la peinture et de l'expression via la Communication facilitée (CF).
EXTRAITS :
  • " C’est de mon cœur que jaillissent mes pensées qui se propagent jusqu’à mon doigt qui pointe grâce à la communion de mon esprit avec l’esprit de celui qui me tient la main. "
  • " Mon doigt est le dernier maillon de la chaine qui part de mon esprit et de mon cœur et qui transite par l’esprit et le cœur de mon facilitant, et de nos deux compétences mêlées, le ballet de doigts transcrit l’essence de mes idées et pensées fortes."
  • "Les peintures jaillissent de mes entrailles.
    Pour la CF au départ je sais ce que je veux dire."
  • "Pour la peinture quand je prends le pinceau c’est de mon estomac que jaillit le mouvement. C’est de l’intérieur de moi que part le geste. Je ne sais pas à l’avance ce que je vais vraiment faire."

LIRE sur le site babelle.web.free.fr la totalité du texte et voir les diapositives projetées lors de cette journée sur la Communication facilitée : http://babelle.web.free.fr/Peinture_communication_facilitee/Presentation_Rencontre_praticiens_en_CF_et_psychophanie_1.html

Bientôt en complément 3 "bonus" seront mis en ligne dans cette rubrique "Communication facilitée et peinture" sur le site babelle.web.free.fr.
Brigitte Fillon, soeur d'Isabelle

lundi 10 mars 2008

Merci le Québec ! Merci la poésie francophone !

Une bonne surprise venant de chez nos cousins du Québec : les peintures, dessins et textes d'Isabelle sont à la "Une" de mars 2008 de Créaphonie sur le site Francopolis, site consacré à la création poétique.

Gertrude Millaire de son lointain Québec, au hasard de ses périgrinations sur Internet, a trouvé nos sites web et a tellement aimé les réalisations d'Isabelle qu'elle nous a contactées pour nous demander l'autorisation de les présenter au Comité de Francopolis et de pouvoir mettre certains textes dans leur rubrique Créaphonie après approbation du Comité. Voilà, c'est fait le Comité aussi a aimé et c'est maintenant en ligne ici : http://www.francopolis.net/creaphonie.htm

Occasion pour les amateurs de poésie et de création littéraire en général d'aller découvrir sur ce site Francopolis "Site dédié à la poésie francophone" tout plein de textes inédits de créateurs d'aujourd'hui.
Brigitte, soeur d'Isabelle